Cour des ComptesLe 25 juillet dernier, la Cour des comptes a publié un rapport sur la politique de développement des énergies renouvelables dans lequel elle épingle l’Etat pour un soutien public peu rentable et une mauvaise coordination des différentes initiatives de développement. Sans changement de cap, les EnR ne pourront pas prendre la part prévue dans le mix énergétique sans engendrer des coûts substantiels. 

Des coûts trop élevés

Les deux constats principaux que la Cour des Comptes fait dans son rapport sont que les objectifs fixés dans le développement des énergies vertes sont trop ambitieux et que ce développement est très voire trop coûteux. Entre 2005 et 2011 l’ensemble des mesures de soutien à cette filière aura coûté près de 14.3 milliard d’euros. Une facture salée qui n’a pas apporté, en contrepartie les débouchés espérés en terme d’emploi avec seulement 93 000 emplois créés l’année dernière.

Un constat de cherté qui touche particulièrement le solaire et contre lequel Thierry Meth, président du syndicat Enerplan, s’est insurgé dans une interview pour Le Point : « Le solaire a coûté cher. Pourquoi ? Parce qu’il a été géré n’importe comment par l’État (le rapport portait sur la période 2005-2011, NDLR), avec des tarifs trop élevés, puis un coup d’arrêt mis au marché. Des hausses puis des baisses de subventions et, pour finir, des destructions d’emplois (15 000 en deux ans) »

La Cour rappelle en outre que lorsque les objectifs concernant les énergies renouvelables ont été fixé lors du Grenelle de l’environnement, on tablait sur une croissance annuelle de l’ordre de 2.1% du PIB, ce qui est loin d’être actuellement le cas. D’où la nécessité de faire désormais des choix entre les énergies.

A ce propos, la Cour des Comptes ne manque pas de soulever la question du nucléaire comme moyen de continuer à produire une électricité compétitive par rapport à nos voisins européens. Un constat qui se discute dans un contexte de remise en question du nucléaire après la catastrophe de Fukushima. D’autant plus que la question du prix de démantèlement des centrales nucléaires, largement sous-estimé selon certain, entre aussi dans le débat. En outre, si les coûts de production de l’énergie verte restent élevés, ils n’ont cessé ces dernières années de baisser, du fait des progrès technologiques notamment.

Vers une sélection des énergies vertes…

La Cour des Comptes met l’accent sur la nécessité d’un arbitrage entre les différentes filières d’énergie propre, afin de sélectionner celles qui pourront le mieux et le plus efficacement contribuer à atteindre les objectifs que le pays s’est fixé. Pour ce faire, elle préconise la mise en place d’un suivi statistique de ces énergies qui prendrait en compte le coût de production, la part de production dans le mix énergétique et les débouchés économiques- en termes d’emploi notamment- offerts par le secteur. Une fois ce dispositif mis en place, le rapport préconise que les soutiens étatiques soient dirigés vers les filières les plus efficientes et que dans le même temps les appels d’offres soient faits dans celles qui accusent un certain retard afin de jouer un rôle de moteur, tout en évitant les effets d’aubaine.

… et un changement de cap dans les politiques de développement des EnR

En plus des recommandations concernant le soutien des énergies vertes, la Cour des comptes a émis des suggestions quant à l’organisation énergétiques et à l’orientation des politiques à mener.

Il est selon elle important de donner au plus vite plus de cohérence au système en coordonnant les actions au niveau administratif et juridique, afin d’éviter que différents projets se heurtent les uns aux autres faute de cadre. L’effort devra également porter sur la recherche afin de développer les technologies d’avenir qui rendront ces énergies compétitives.

Enfin, le compte-rendu met en avant que la réduction de la part des énergies fossiles et nucléaires ne pourra pas se faire sans que l’on change aussi (voire surtout) les comportements des citoyens, les modes de transports, l’urbanisme et la consommation.

Autant d’annonces qui, tombant à la suite du débat houleux sur la transition énergétique, nourrissent les contradictions qui se sont dessinées entre les différents acteurs de cette transition.

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