Transition énergétiqueAlors que les mesures autour du secteur photovoltaïque se multiplient, divisant les acteurs,la question des objectifs de l’Etat quant à cette filière revient sur le devant de la scène.

L’actualité du solaire est plutôt riche ces derniers temps et connaît des hauts et des bas. On entend différents sons de cloche : une mesure est favorable à la filière quand la suivante semble être un pas en arrière. Où en est-on aujourd’hui ? L’Etat encourage-t-il vraiment nos industriels du marché photovoltaïque ?

En deux ans, la filière photovoltaïque a perdu près de 15 000 emplois : elle est passée de 32 500 emplois en 2010 à 18 000 en 2012. C’est entre autres pour cette raison que le gouvernement a décidé de lancer un plan de mesures urgentes en janvier 2013. Lestarifs de rachat de l’électricité par EDF ont donc été majorés de 5% dans le cas où une des conditions ci-dessous est vérifiée :

  • toutes les étapes du processus de transformation des plaquettes de silicium aux cellules des modules photovoltaïques de l’installation ont été réalisées en Europe ;
  • toutes les opérations de soudage et d’assemblage des cellules ainsi que les tests électriques des modules photovoltaïques de l’installation ont été réalisées en Europe.

La bonification atteint même 10% si ces deux conditions sont vérifiées. Le problème de cette mesure, c’est qu’elle favorise davantage les industriels du photovoltaïque allemands que les français. En effet, les spécialistes français sont essentiellement positionnés en tant qu’installateurs et non en tant que fabricants de panneaux solaires. Par ailleurs, il est évidemment difficile de tracer avec précision l’origine des différents composants des panneaux photovoltaïques.

Outre cette mesure, Delphine Batho avait également annoncé deux autres nouveautés :

  • l’augmentation de la capacité de la filière en portant les volumes à atteindre à 1 000 megawatts (mw) pour 2013, ce qui correspond à un doublement de l’objectif !
  • un nouvel appel d’offres pour les grosses installations de plus de 100 kilowatts crête (kWc) et les centrales au sol. A noter d’ailleurs que le tarif de rachat pour les très grandes installations, c’est-à-dire plus de 2 500 m² de panneaux sur les toitures et les centrales au sol, a connu une baisse de 20%.

Les autres tarifs de rachat (pour les installations Intégrées au bâti et pour les intégrations simplifiées) ont également été revus à la baisse. Et c’est le cas depuis des années. De 0,58 €/kWh au premier trimestre 2011, il est passé à 0,3077 €/kWh au 2ème trimestre 2013.

Comment expliquer ces diminutions successives ? Comme le coût des équipements photovoltaïques décroit rapidement, les tarifs de rachat ont été ajustés pour refléter cette baisse et ne pas créer d’effets d’aubaine. En revanche, là où le bât blesse, c’est que la baisse des tarifs est bien plus rapide que celle des coûts de revient.

Pour conclure, tout n’est pas blanc ou noir. La réponse est forcément nuancée. Les mesures pour pousser la filière existent mais elles sont plutôt timides et manquent parfois de cohérence. Difficile d’avancer efficacement dans ces conditions, alors que le photovoltaïque est compétitif et permet de générer des revenus allant jusqu’à 1500 € par an ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

Source: quelleenergie.fr

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