Corinne Lepage
Photo Georges Gobet. AFP

Le projet Volt Gaz Volt permettrait de transformer le surplus d’électricité solaire et éolienne produit en gaz. Il est porté par l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage qui l’a présenté le 29 mai au Parlement Européen.

Le projet s’appelle VGV (Volt Gaz Volt) et permet de transformer en méthane le surplus d’électricité produit par l’éolien et le photovoltaïque. Il a été présenté mercredi 29 mai au Parlement européen par Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement et eurodéputée, en compagnie de l’initiateur du procédé, le professeur Robert I. Bell, président du département finance du Brooklyn College (New York).

«Nous ne sommes pas dans l’utopie, mais dans la réalité. VGV a été mis au point en Allemagne. Pour l’instant deux installations expérimentales fonctionnent à Stuttgart», où la société Solar Fuel a construit une usine de démonstration d’une capacité de 250 KW. «En juin, une production industrielle va ouvrir à Brême», a annoncé Lepage, qui présente ce projet sur son site personnel.

«Les énergies renouvelables ont un problème: elles sont intermittentes. VGV résout ce problème. Il est la batterie pour les énergies renouvelables et peut être utilisé chaque fois que le soleil ne brille pas ou que le vent s’est apaisé», a soutenu Robert I. Bell.

Énormes investissements

Le coût de l’électricité produite via le procédé VGV est actuellement de 23 centimes d’euros le kilowatt/heure mais en 2016, il devrait pouvoir être ramené à 8 centimes, ce qui la rend compétitive face aux 7 centimes de éolien, 10 centimes du photovoltaïque, et des 6 à 10 centimes du nucléaire, a assuré Lepage. «On part sur des surplus d’électricité qui seraient perdu et qui ne valent rien», a-t-elle insisté.

Mais pour se doter de cette technologie, l’UE devrait consentir d’énormes investissements sur 30 ans, a-t-elle reconnu. Corinne Lepage a préconisé la création d’un fond sur le modèle des «redemption funds» et qu’elle a appelé «fond intergénérationnel». Il permettrait de bloquer les sommes nécessaires sur 30 ans. Selon elle, «ce fond pourrait rassembler de l’argent public via la taxe sur le CO2, si elle voit le jour, la vente des quotas de CO2 et le transfert des subventions aux hydrocarbures». De l’argent privé pourrait également être mobilisé, «mais il faudrait prévoir des avantages fiscaux», estime Lepage.

Ce choix s’inscrit dans le cadre du débat sur la transition énergétique car il permet une sortie progressive du nucléaire et l’abandon des énergies fossiles, a-t-elle conclu.

Source : liberation.fr

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